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RÉGLEMENTATION ENR
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Apr 2026
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Mise à jour :
April 2026

Réforme du complément de rémunération 2026 : quels impacts pour les producteurs d’énergie renouvelable ?

3 min de lecture
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Bohr Energie
À compter du 1er mai 2026, une évolution réglementaire majeure va modifier le fonctionnement du complément de rémunération en France. Pour les producteurs, les impacts sont concrets.

À compter du 1er mai 2026, une évolution réglementaire majeure va modifier le fonctionnement du complément de rémunération (CR) en France. Cette réforme s’inscrit dans la continuité des récentes mutations des marchés de l'électricité, notamment celles détaillées dans notre analyse des évolutions du 1er octobre 2025.

Elle intervient dans un contexte de transformation profonde du système électrique, marqué par la montée en puissance des énergies renouvelables. L’objectif est clair : adapter les mécanismes de rémunération et les règles de pilotage des installations à un marché devenu à la fois plus dynamique, plus volatil et plus contraignant.

Pour les producteurs, les impacts sont concrets : évolution des modes de calcul, nouvelles règles en cas de prix négatifs et renforcement du pilotage des installations.

Pourquoi cette réforme du complément de rémunération en 2026 ?

Le développement rapide du solaire et de l’éolien a profondément modifié l’équilibre du système électrique.

Contrairement aux moyens de production traditionnels, les énergies renouvelables sont dépendantes des conditions météorologiques. Cette variabilité entraîne des situations de déséquilibre entre l’offre et la demande, notamment lors de périodes de forte production.

Ces déséquilibres peuvent générer des tensions sur le réseau, voire des épisodes de prix négatifs sur les marchés de l’électricité. Dans ce contexte, un arrêté en date du 16 avril 2026, pris en application de l'article 184 de la loi de finances pour 2026, a été publié. Il vise à mieux aligner la production avec les besoins du système électrique et à en limiter les effets .

Objectifs de la réforme du complément de rémunération

La réforme poursuit trois objectifs principaux :

  • Renforcer la stabilité du réseau électrique en limitant les variations brutales de production.
  • Améliorer l’intégration des énergies renouvelables dans le système, en adaptant les règles à leur caractère variable.
  • Rendre la rémunération des producteurs plus précise et plus représentative des conditions réelles du marché.

Quels changements pour les producteurs au 1er mai 2026 ?

1. Passage au pas de temps 15 minutes

Le principal changement concerne le calcul du complément de rémunération.

Depuis le 1er octobre 2025, le marché de l’électricité fonctionne déjà avec un pas de temps de 15 minutes.

La réforme du 1er mai 2026 ne modifie pas ce cadre, mais vient adapter les modalités de calcul et de versement du complément de rémunération à cette nouvelle granularité.

Concrètement, cela signifie que les règles deviennent pleinement cohérentes avec un marché plus fin et plus réactif, où chaque quart d’heure compte dans la valorisation de l’électricité produite.

2. Mise en place d’une répartition en groupes

Les installations seront désormais réparties en deux groupes distincts (A et B).

Ce mécanisme vise à organiser et échelonner les arrêts et redémarrages des installations lors des périodes de tension sur le réseau.

En évitant que toutes les unités de production réagissent simultanément, cette répartition permet de limiter les variations brutales de production et de sécuriser le fonctionnement du système électrique.

Comment savoir dans quel groupe se situe un producteur ?

L’appartenance à un groupe (A ou B) est déterminée à partir du code postal de la centrale de production (celui figurant sur votre attestation d'immatriculation au Registre national des entreprises, associé au SIRET du site).

La méthode est simple :

  • identifier le code postal du site de production (exemple : 31400)
  • additionner tous les chiffres (3 + 1 + 4 + 0 + 0 = 8)
  • si le résultat est pair, l’installation appartient au groupe A
  • si le résultat est impair, elle appartient au groupe B

Ce mode de calcul permet une répartition automatique, stable dans le temps et facilement vérifiable par les producteurs.

Quels producteurs sont concernés par la réforme ?

La réforme s’applique à l’ensemble des installations bénéficiant d’un contrat en complément de rémunération.

Cela concerne notamment les producteurs EnR issus de filières renouvelables telles que le photovoltaïque, l’éolien, l’hydraulique, la biomasse.

La réforme du complément de rémunération,opportunités ou contraintes ?

La réforme permet  :

  • Une meilleure valorisation de l’électricité produite. Le passage à un pas de temps plus court rend la rémunération plus fidèle aux conditions du marché.
  • De nouvelles possibilités d’optimisation. Dans certains cas, il peut être plus pertinent d’adapter sa production, voire de la réduire, pour maximiser ses revenus.
  • Une approche plus stratégique de la production, où la performance repose autant sur le pilotage que sur le volume produit.

En contrepartie, la réforme introduit :

  • Une plus grande volatilité des revenus, liée à la sensibilité accrue aux variations de prix.
  • Une complexité réglementaire plus importante, avec de nouvelles règles à maîtriser.
  • Des contraintes de pilotage plus fortes, notamment en lien avec leur appartenance à un groupe.

Exemple concret

Prenons le cas d’un producteur éolien de 10 MW lors d’un épisode de prix négatifs sur le marché.

Sur une période de 30 minutes, le prix de l’électricité descend à -20 €/MWh.

Scénario 1 : stratégie non optimisée

Le producteur arrête complètement sa production pendant toute la durée.

Résultat :

  • perte de production valorisable
  • rémunération limitée à la prime associée

Scénario 2 : stratégie optimisée

Grâce à une bonne compréhension des règles :

  • le producteur adapte finement sa production
  • il exploite les nouvelles conditions de versement de la prime
  • il ajuste son arrêt en fonction de son groupe (A ou B)

Résultat :

  • maintien partiel de la production
  • optimisation de la prime perçue
  • amélioration du revenu global
  • respect de la réglementation

Sur ce type de séquence, l’écart peut atteindre plusieurs centaines d’euros en seulement 30 minutes.

À l’échelle d’une année, avec la multiplication des épisodes de prix négatifs, cela peut représenter plusieurs milliers d’euros de différence de revenus pour une même installation.

Face à cette évolution réglementaire, l’accompagnement des producteurs devient un enjeu central.

Chez Bohr Energie, cette réforme a été anticipée et intégrée dans les outils et les processus opérationnels.

Les systèmes de gestion sont déjà adaptés au pas de temps de 15 minutes, permettant un suivi précis et une facturation fiable. L’expertise des équipes permet également d’optimiser la gestion des périodes de prix négatifs et d’adapter les stratégies de production.

Au-delà des outils, nous jouons un rôle clé dans le pilotage des installations et la coordination avec les exigences du réseau. L’objectif est de garantir une performance optimale tout en assurant la conformité réglementaire.

Pour les producteurs, cela se traduit par un accompagnement complet, qui leur permet de s’adapter à ces évolutions sans complexité opérationnelle.

Dans ce contexte, l’accompagnement par des acteurs spécialisés apparaît comme un levier essentiel pour transformer cette évolution réglementaire en avantage compétitif.

Besoin d’accompagnement face à la réforme du complément de rémunération ?

Vous êtes producteur et souhaitez anticiper les impacts de la réforme du 1er mai 2026 sur votre activité ?

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